Activité

Conférence-débat de Pierre Rosanvallon sur la confiance en démocratie – Bruxelles, le 24 mars 2023

Le 24 mars 2023, de 14h30 à 17h, Pierre Rosanvallon donnera une conférence-débat sur son ouvrage « Le bon gouvernement », à Bruxelles (Flagey, Studio 1). Le débat sera animé par Bertrand Henne (La Première).

Ces 23 et 24 mars 2023, Pierre Rosanvallon, historien et sociologue français, donnera à Louvain-la-Neuve et à Bruxelles une série de cours ouverts et de conférences sur les concepts de contre-démocratie, de bon gouvernement, et de légitimité démocratique, sur les enjeux de la confiance, de l’intégrité, de la lisibilité et de la responsabilité en démocratie. Pierre Rosanvallon est titulaire de la chaire d’Histoire moderne et contemporaine du politique au Collège de France, et l’un des plus grands spécialistes de la démocratie. Il évoquera également les expériences vécues du mépris, de l’injustice, des discriminations et de l’incertitude, les évolutions dans le rapport au travail, qui conduisent à redéfinir la question sociale et les conditions de l’approfondissement de la vie démocratique. Pour consulter le programme complet, cliquez ici.

Le 24 mars, Pierre Rosanvallon sera l’invité du Projet de recherche, pour une conférence-débat sur «  Le bon gouvernement – Confiance et responsabilité en démocratie  ».

Heure : de 14h30 à 17h

Lieu : Bruxelles, Place Sainte-Croix, 1050 Ixelles (Flagey, Studio 1). 

Discutants  : Hugues Dumont (constitutionnaliste, Université Saint-Louis), Vincent de Coorebyter (philosophe et politologue, ULB), Céline Romainville (constitutionnaliste, UCLouvain). 

Animation du débat : Bertrand Henne (La Première).

Inscription obligatoire : cliquez-ici pour vous inscrire. Conférence ouverte à la communauté universitaire et au grand public. 

La conférence-débat (Bruxelles) sera l’occasion d’une discussion de son ouvrage «  Le bon gouvernement » (2015), dans lequel il appréhende à frais nouveaux les conditions de l’action gouvernementale et les rapports entre gouvernants et gouvernés. Dépassant la démocratie d’autorisation centrée sur les caractéristiques du « droit de gouverner » confié par l’élection, la démocratie d’exercice renvoie aux règles et aux comportements qui articulent l’exigence démocratique à la réalité de la prédominance du pouvoir exécutif. Dès lors que la démocratie n’est pas seulement un régime, mais également un gouvernement, elle doit « se définir par un mode d’exercice du pouvoir qui lui soit propre ». Partant de la centralité de l’activité du pouvoir exécutif et de ses qualités, Pierre Rosanvallon définit cette démocratie d’exercice comme une démocratie d’appropriation et une démocratie de confiance. 

Le parcours et l’œuvre de Pierre Rosanvallon 

Le parcours de Pierre Rosanvallon présente un caractère atypique. Avant de commencer une carrière universitaire au début des années 1980, il a consacré ses premières années de vie professionnelle à des activités d’ordre militant, dans les milieux syndicaux, et en tant que théoricien de la « deuxième gauche » (c’est dans ce contexte qu’il a publié l’Âge de l’autogestion (1976), puis Pour une nouvelle culture politique (1977)). Il renonce en 1978 à se lancer dans la carrière politique et se tourne résolument vers la recherche. Après avoir travaillé sur une thèse en histoire sous la direction de Claude Lefort (publiée en 1979 sous le titre Le Capitalisme utopique. Histoire de l’idée de marché), et en lettres et sciences humaines (Le Moment Guizot, 1985), il rejoint l’École des hautes études en sciences sociales (EHESS), où il est nommé Maître de conférences en 1983, puis Directeur d’études en 1989.  

Le travail de Pierre Rosanvallon s’organise, dans les années 1990, autour de trois axes. Le premier concerne l’histoire du modèle politique français. Il s’attache ensuite à proposer une interprétation de l’évolution des institutions de solidarité et des théories de la justice dans plusieurs recherches. Enfin, il développe des recherches d’envergure visant à retracer l’histoire intellectuelle de la démocratie en France, publiées dans Le Sacre du citoyen ; histoire du suffrage universel en France (1992), Le Peuple introuvable. Histoire de la représentation démocratique en France (1998) et La Démocratie inachevée. Histoire de la souveraineté du peuple en France (2000). 

En 2001, Pierre Rosanvallon est élu Professeur au Collège de France, titulaire de la chaire d’histoire moderne et contemporaine du politique. A partir de cette date, il s’intéressera tout particulièrement à la compréhension et à la conceptualisation des mutations de la démocratie contemporaine, dans une série d’ouvrage fondamentaux : La Contre-démocratie : la politique à l’âge de la défiance (2006), La Légitimité démocratique : impartialité, réflexivité, proximité (2008), puis La Société des égaux (2011). Il publie, en 2014, un ouvrage sur l’enjeu de la représentation, Le Parlement des invisibles. Dans Le bon gouvernement, paru en 2015, Pierre Rosanvallon propose une théorie inédite du pouvoir exécutif, permettant d’appréhender ce dernier dans un cadre démocratique, et de penser la démocratie d’exercice, c’est-à-dire la démocratie comme régime, et non pas seulement la démocratie d’autorisation. Les travaux de conceptualisation théorique de Pierre Rosanvallon montent en généralité, au-delà du seul cas français : il a présenté les perspectives d’un comparatisme dans un article « Les Universalismes démocratiques : histoire et problèmes » (Esprit, janvier 2008).  

Dans sa leçon inaugurale au Collège de France, il a présenté ce qui fait l’originalité de sa démarche : considérer l’histoire de la démocratie comme celle d’une expérience problématique. La démocratie, souligne-t-il, constitue le politique en un champ largement ouvert du fait même des tensions et des incertitudes qui la sous-tendent. « Parce qu’elle est fondatrice d’une expérience de liberté, l’histoire de la démocratie, note-t-il, n’est pas seulement celle d’une expérience contrariée ou d’une utopie trahie : en elle se sont enchevêtrées l’histoire d’un désenchantement et l’histoire d’une indétermination ». Son ambition a ainsi été de penser la démocratie en reprenant le fil de son histoire, tout en considérant cette histoire comme un laboratoire de notre présent. Il a exposé les principes de cette approche de l’histoire dans Pour une histoire conceptuelle du politique (2003). Cette conception particulière de l’histoire est le substrat d’une théorie politique très riche en explications du monde, et permet relier la recherche fondamentale à un souci de répondre aux besoins de compréhension, d’information, d’analyse et de représentation des enjeux du temps présent. Dans cette perspective, Pierre Rosanvallon a lancé plusieurs projets éditoriaux de grande envergure comme La République des Idées, La vie des idées ou encore « Raconter la vie ». 

Les travaux de Pierre Rosanvallon ont été traduits dans 22 langues et édités dans 26 pays. Outre son enseignement en France, il donne également des cours et des conférences dans des universités du monde entier. 

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